lundi 23 mai 2011

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Red Cross Volunteer (couverture SEP, 21 septembre 1918)


Quelques mois avant l'armistice du 11 Novembre 1918, le SEP publia cette couverture représentant une petite fille, de la croix rouge, demandant une aide financière à un vieux monsieur. Même si les Etats-Unis ne sont entrés en guerre qu'en avril 1917, le peuple américain connait les souffrances en Europe. Les souffrances de la guerre, bien sùr, mais aussi les ravages qu'ont occassioné la révolution bolchévique ainsi que la grippe espagnole. Pour ne parler que de la guerre, elle fera plus de neuf millions de morts, plus de vingt millions de blessés. Pour Norman, engagé, mais à l'abris, c'était un devoir.
La jeune fille, même si son teint est semblable à une poupée de cire, son minoi avec ses joues roses, la tresse de côté semble apitoyer le vieux monsieur. Bien habillé, et certainement riche, il met la main à la poche. La raideur globale de cette toile est atténué par la douceur du petit chien bandé, propre à émouvoir n'importe qui.
Cette toile est une contribution à l'effort de guerre. Elle est la première du grande et magistrale série.
Pourquoi les premières couvertures de Norman Rockwell ont cette teinte un peu viellotte?
Tout simplement parce que la quadrichromie n'existait pas! Norman devait obéir aux lois de la presse. Seuls apparaissaient le noir et le rouge, ainsi que leurs dégradés respectifs. Il faudrait attendre 1926 pour que le SEP utilise la quadrichromie. C'est à Norman que reviendra cette distinction. Pour l'occassion il peindra Colonial Sign Painter disposant sur la palette de celui-ci le rouge, mais aussi , et pour la première fois, du vert et du bleu. Une révolution...





No Swimming (couverture SEP, 4 juin 1921)

No Swimming que nous pourrions traduire par “baignade interdite” parait le 4 juin 1921. Il s’agit à nouveau d’une scène ou les protagonistes sont des enfants. L’innocence juvénile se critalise en face d’une situation particulière. Ici le panneau d’interdiction caractérise la situation environnementale, les jeunes à demi-nus, les habits à la main, s’enfuient. Ils n’avaient pas le droit d’aller nager, ont essayé et se sont fait surprendre. La fuite est leur seul recours.
Deux choses sont à noter ici. Tout d’abord, l’effet de “hors cadre”. Le hors cadre est un artifice stylistique de contraste. En figeant la vision, tout en faisant “débordé” le sujet, les artistes visuels nous offrent une contradiction. Malgré l’instantanéité, certains détails sortent du champ de vision. La concéquence est claire : nous pensons mouvement sans le voir. L’enfant de gauche, “malgré tout”, semble continuer sa course. Son visage est hors cadre. De la même manière, le jeune de droite à la jambe droite “coupée” et semble, quant à lui, entrer dans le champ de vision du peintre.
La deuxième caractéristique est la différence de morphologie des garçons. Pour inclure une touche d’humour, Norman représente à droite, à la traine, un enfant “potelé”. Même si nous ne voyons pas son corps, sa tête, ses bonnes joues le définissent. Pour accentuer sa “peine”, le peintre l’a fait de profil, la bouche fermée, concentré. Il lui faut certainement plus de concentration que ses camarades sveltes et légers. Rockwell en dessinant ce contraste, a du penser à sa propre enfance et à ses difficultés d’être différent sauf que lui était une grande asperge longiligne et peu musclé.
Remarquez aussi le “pansement” à l’orteil du garçon central. Cette caractéristique apparait dans bon nombre de toiles de notre peintre. Quel est sa signification? Est-ce un détail autobiographique? Pour ma part, je pencherais pour un détail crédibilisant. Bien que les pieds nus soient un signe d’innocence, de naturel, il est bien évident que les pieds nus sont fragiles.

Autre détail dynamique, c'est la présence de Lambert, le chien voir l'ami de Norman. Dans a première décénie d'illustrateur, Rockwell l'intégra 26 fois sur 91 couvertures. Lambert apparut avec sa queue, sans sa queue, en épagneul, ou en Airdale Terrier, selon la couverture, tout au long des années qui suivirent la première guerre mondiale !

Un jour George Lorimer, demanda à Rockwell :

- Pourquoi mettez vous toujours le même corniaud dans vos couvertures ? 

- Parce, que c’est un bon chien, que c’est un bon modèle  et aussi parce qu’il est très obéissant.
- Bon dit Lorimer, j’ai sur moi la photo de mon chien. Mettez-le sur une de vos couvertures. 
Le chien du rédacteur, un spitz, apparut plus tard en couverture.

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