lundi 23 mai 2011

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Malgré une carrière lancée et un avenir qui s’annonçait sous les meilleurs auspices de l’illustration, Norman s’engagea pour combattre pendant la Grande Guerre. Il fut incorporé dans la marine. Affecté à la base de Charleston en Caroline du Sud, il n’alla jamais au Front. Son occupation principale fut alors de “croquer” les soldats et leurs officiers. On lui permit même de poursuivre ses illustrations pour le Post.

Pardon Me (couverture SEP, 26 janvier 1918)

“Désolé” parait en 1918. La Grande Guerre ayant fait des ravages en Europe, Rockwell choisit une une scène légère et amusante. Une couple de jeunes danseurs s’est arrêté de danser. La jeune fille tient son pied, le jeune homme gêné lui a écrasé en dansant. Il est confu, les mains en signe d’excuse, les pieds en dedans dans une position mal assurée. Pour rendre amusante cette saynète, Rockwell a ajouté un autre couple, en retrrait, tout sourire, moqueur. La position de leurs pieds, les talons relevés, indique qu’ils sont en train de danser. Malgré leurs chapeaux ridicules, nous pouvons sentir la tension entre les danseurs du premier plan.
Fidèle à ses premières couvertures, Norman a dépouillé son dessin, ne prenant même pas la peine de signifier la piste de danse ou encore la salle certainement décorée pour l’occassion. Malgré ce dépouillement, Rockwell, dans ce qu’il a peint, nous propose tous les détails vestimentaires: Cols ronds et raides, robes soyeuses, noeuds en satin. Il va même juqu’à rendre le renforcement des collants de la danseuse au second plan.
Ici, cependant, c’est le traitement plastique qui nous interresse. Le traitement plastique est la manière de peindre. Les couleurs sont soit : mélangées avec soin, avec des transitions très douces, on appelle ça la manière “léchée”. C’est le traitement qu’a affectionné Rockwell. Il permet de rendre compte, le plus réalistement, d’une scène, flirtant avec le rendu photographique. Ici, pas du tout. Par manque de temps, d’envie ou par choix? Prenez les mains. De larges touches de couleur chair, quelques bruns supportent les traits épais de blanc. Pourtant l'effet est saisissant. Je ne peux m’empêcher de vous indiquer également l’épaule de la jeune estropiée. Malgré cette manière enlevée, nous pouvons déceler la chair en dessous des manches. Les blancs tranlucides laissent percés la peau, les blancs opaques renforcant la lumière.

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